J’ai fait le choix de ne pas trop insister sur les distinctions TDA avec ou sans hyperactivité, avec ou sans impulsivité : la recherche internationale montre que chaque personne qui souffre de TDA évolue dans sa vie et ces catégories sont perméables et souples.
Le TDA n’est ni une mode, ni une chimère, mais un trouble neurodéveloppemental pénible pour la personne qui en est affectée, et pour sa famille.
La pédopsychiatre (Mme Franc) évacue les « fausses informations ». Non, le TDAH n’est pas une mode : « Les premières descriptions datent de 1817, et la prévalence demeure stable. » Non, les écrans ne génèrent pas de TDAH, « mais ces enfants vont avoir un attrait pour l’écran et un risque d’usage problématique ». Non, le TDAH n’est pas l’expression d’un trouble psychoaffectif sous-jacent ou le fruit d’une éducation, « il est déterminé autour de la naissance, avec une implication génétique de l’ordre de 70 % à 80 %, explique-t-elle. Ce qui est certain, c’est qu’une fois qu’un enfant a cette vulnérabilité son environnement et son accompagnement sont essentiels pour son épanouissement ».
On constate fréquemment des troubles associés (trouble oppositionnel avec provocation, les troubles de l’apprentissage (dys), les troubles du spectre autistique et les troubles anxieux). Sous-estimés par le passé, sous considérés, les prendre en compte et les traiter de façon adéquate permet d’améliorer considérablement la vie des personnes concernées et de leurs familles, pour qui la vie n’est pas simple. Mais attention aux pratiques délétères, aux dispositifs d’accompagnement qui ne sont pas évalués scientifiquement et engloutissent des sommes d’argent considérables, comme les approches de type « neurofeedback », l’entraînement cognitif, la pleine conscience, la psychanalyse.
Le chemin reste long, très long, trop long, pour que les personnes concernées puissent bénéficier d’un diagnostique, et plus encore d’un accompagnement efficace. Mais on avance.