Étymologiquement le mot vulnérabilité est issu du latin vulnus, qui signifie blessure, de vulnerabilis, susceptible d’être blessé.
On considère ici l’élève et non l’enfant : la vulnérabilité scolaire concerne l’école. Il y a lieu de parler de vulnérabilité scolaire lorsque l’école peut (de façon éventuellement non exclusive) ou doit agir pour que le bien-être de l’élève s’améliore.
La vulnérabilité scolaire est donc le fait de se trouver dans une situation à risques en tant qu’élève. Cela peut concerner tous les élèves, de la maternelle au lycée. Aujourd’hui on ne parle plus de personne vulnérable mais de situations de vulnérabilité, qui peuvent être temporaires ou durables. On estime que sur une année la moitié des élèves passent par des périodes de vulnérabilité scolaire[1].
L’attention aux vulnérabilités doit être considérée par toutes et tous comme une priorité éthique de l’école. On peut envisager la vulnérabilité comme un prisme qui permet de mieux comprendre la réalité de ce que vivent les élèves et donc d’être plus efficace pédagogiquement.
La résilience scolaire
La résilience scolaire s’appuie sur le concept général de résilience définie comme « la capacité d’une personne ou d’un groupe à se développer bien, à continuer à se projeter dans l’avenir, en présence d’événements déstabilisants, de conditions de vie difficiles, de traumatismes parfois sévères. »[2] La résilience scolaire est un concept encore émergeant et qui ne fait l’objet d’un consensus international dans sa définition. Il s’est particulièrement consolidé et développé au moment des confinements liés au CoVid.
L’adjectif « scolaire » apporte ses spécificités : la résilience à l’école permet de demeurer dans un état mental calme, de maîtrise de soi, de ses émotions. La résilience scolaire permet de prendre confiance en soi, de faire face à ses erreurs, de se donner des objectifs, de savoir poursuivre lorsqu’on vit un échec. Elle est liée à la persistance, l’engagement, le sentiment d’auto efficacité, le contrôle des émotions. Elle est favorisée par la qualité des relations aux autres, en particulier aux pairs mais aussi aux enseignants. L’environnement scolaire joue un rôle clef : un climat de confiance permet aux élèves de développer leur résilience scolaire plus aisément, en se sentant pris en compte, respectés et valorisés.
Quelles différences entre « grande difficulté scolaire » et « vulnérabilité scolaire » ?
La notion de vulnérabilité scolaire inclut la grande difficulté scolaire, mais ne s’y limite pas. Un élève peut être en situation de vulnérabilité à l’école ou par rapport à l’école sans se trouver en difficulté scolaire. Elle peut être passagère.
Le rôle des compétences psychosociales
La vulnérabilité scolaire est souvent liée à un déficit en compétences psychosociales. Les compétences psychosociales désignent « la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne, sa capacité à maintenir un état de bien‑être subjectif qui lui permet d’adopter un comportement approprié et positif à l’occasion d’interactions avec les autres, sa culture et son environnement »[3]. Les compétences psychosociales impactent donc le bien‑être physique, le bien-être psychique et le bien-être social, trois dimensions nécessaires pour ne pas être en proie à des situations de vulnérabilité scolaire.
Un déficit en compétences psychosociales induit un risque accru de vulnérabilité scolaire, car elles participent à « la réussite scolaire, l’insertion et la réussite professionnelles. Elles représentent ainsi un facteur (…) de la réussite éducative »[4].
Les indices qui peuvent évoquer une situation de vulnérabilité scolaire
Une situation de vulnérabilité scolaire peut impacter la motivation de l’élève et générer un mal‐être qui l’empêche d’être disponible pour les apprentissages. Des indices concrets permettent d’attirer l’attention sur une situation de vulnérabilité scolaire :
- Le manque d’investissement dans les apprentissages, des comportements qui indiquent de la démotivation ;
- Des moments de désinvestissement par rapport au contrat scolaire : l’élève qui ne note pas ses devoirs, qui oublie son matériel, qui arrive en retard fréquemment.
- L’absentéisme, l’arythmie scolaire, le décrochage scolaire, le refus scolaire anxieux ;
- Des manifestations de fatigue ;
- Des signes d’insécurité, de peur ;
- Des attitudes de timidité, de repli sur soi, des postures d’isolement, de rejet, des mises à l’écart ;
- Des besoins visibles et importants dans le champ affectif, pour être mis en confiance, rassuré, valorisé, une demande particulièrement forte de réassurance par l’adulte ;
- Des comportements perturbés : incivilités aux abords de l’établissement ou dans les transports, violence, micro violence, harcèlement, radicalisation, opposition ou contestation des valeurs de la République ;
- Des mises en danger : jeux dangereux, problèmes de conduites alimentaires, pratiques sexuelles à risque, addictions, alcoolisations, tentatives de suicide…
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[1] Christophe Marsollier, L’attention aux vulnérabilités des élèves, 2023
[2] Fondation pour l’enfance, Paris, 2000
[3] Les compétences psychosociales par l’OMS, Santé publique France, https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/141400/document_file/15935_doc00002431.pdf
[4] Référentiel Santé Publique France 2022, https://www.santepubliquefrance.fr/docs/les-competences-psychosociales-un-referentiel-pour-un-deploiement-aupres-des-enfants-et-des-jeunes.-synthese-de-l-etat-des-connaissances-scientif