
Je suis fan de la Course aux nombres, dans le style groupie de base. Prof de maths, je proposais un entraînement hebdomadaire à mes élèves. Formatrice, j’ai conçu avec ma collègue et amie Christelle Fiéret des entraînements de courses aux nombres pour l’école. Ils sont ici, d’ailleurs.
Maintenant que je suis enseignante spécialisée et coordinatrice en dispositif ULIS, je continue de proposer des courses régulièrement. Mais c’est plus difficile : les élèves du dispositif n’ont ni le même âge, ni le même niveau de classe de référence, ni le même niveau de connaissances et de compétences, ni les mêmes besoins éducatifs. Il me faut donc adapter, et m’adapter.
Depuis plus de deux ans et jusqu’à la période 1 de cette année, je proposais différentes courses aux élèves : des courses de niveau début de cycle 2, fin de cycle 2 avec ou sans multiplication, des courses de cycle 3 avec quelques questions de cycle 4 en calcul littéral… Bref, cela représentait beaucoup de versions et de travail chaque semaine, même si de super outils existent pour nous faire gagner temps et énergie, comme Mathalea ou AleaTeX. Mais surtout, cette année mes élèves ont exprimé un regret : ne pas pouvoir échanger entre eux autour d’une même consigne. Ils ne veulent pas comparer leurs scores : les élèves du dispositif que je coordonne ne sont pas du tout dans cette optique. Non, leur demande est bien plus positive et constructive : ils veulent pouvoir s’entraider ou se corriger en collectif (et sans moi dans un premier temps).
Bon.
C’est chouette, comme requête. Mais alors comment faire, me suis-je demandé ?
Après réflexion, et comme j’avais promis aux élèves de revenir avec une proposition, voici ce à quoi j’ai abouti (et qui constitue un test, car peut-être vais-je faire flop) :
- Un sujet commun
- constitué pour démarrer de 50% de questions de cycle 2, 30% de cycle 4 et le reste de cycle 3,
- ordonné par niveau des questions : celles de CP au début, celles de 3e à la fin,
- à traiter en 20 minutes maximum,
- identique pour tous les élèves,
- élaboré par aléatoirisation à partir d’AleateX, à partir de mon panier de questions qui va demeurer ma base pour un moment. Mais donc en le rechargeant sur AleateX, je pourrai générer de nouvelles versions avec des variables différentes à chaque fois,
- Imprimé en version A3 avec une police adaptée aux élèves dys (ce que me permet aussi AleateX).
- Une fiche de report de scores
- avec le score de la première course de la période comme référence,
- avec mention de l’objectif : réussir à atteindre une progression de 25% par rapport à la course initiale,
- avec indication du score et du temps mis à traiter chaque course,
- à remplir en autonomie pour mesurer soi-même ses progrès.
Voici la première course de la période :

Et voici la fiche de report de scores (le recto seulement : au verso le tableau se poursuit) :

Si les élèves traitent une course par semaine jusqu’à la course de la semaine des maths, ils en feront 10. Je pense que plusieurs voudront traiter plus de courses. Mais comme j’ai mon petit fichier de questions à aléatoiriser, pas de souci. Je peux même en générer en direct dans le dispositif.
Lors de chaque course, les élèves devront ensuite chercher à corriger au moins les questions que j’aurai sélectionnées en ce sens : tout corriger va être trop long et fatigant pour eux, et mobiliser trop de temps pour moi dans le dispositif. Mais en corriger 5 ou 6, je pense que c’est possible. Et comme en plus j’ai la référence de chaque question, je peux leur sortir une liste de questions sur ces questions-là exactement, pour s’entraîner et automatiser. Et cette fois, les élèves vont pouvoir débattre, corriger ensemble, et revenir vers moi lorsqu’ils seront allés au bout de leurs réflexions.
Le seul point que je regrette, c’est que nous ne participons pas pour de vrai au formidable dispositif La course aux nombres. Si une variante était proposée qui permette aux élèves comme ceux du dispositif ULIS que je coordonne de participer, ce serait super. Cela ferait l’objet d’un corpus à part, bien sûr. Mais ce serait pour de vrai et les élèves le sauraient. Et surtout, cela pourrait permettre que d’autres élèves participent de façon plus valorisante pour eux : certains élèves à besoins éducatifs particuliers, certains élèves en grande difficulté scolaire… Leur objectif ne serait plus une norme commune qui peut ne pas leur correspondre, mais un progrès adapté à leur situation.
Hein oui, que ce serait chouette ?
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