Comment aider des élèves faibles lecteurs à réapprendre à lire ? Voilà une question cruciale pour leur évolution, et complexe pour l’enseignant. Elle concerne d’ailleurs tous les enseignants, quelle que soit la discipline enseignée.

D’abord, (ré)apprendre à lire au collège (ou plus tard), ce n’est pas facile. Enseigner la lecture à des ados non plus :
- Peu de supports sont adaptés à ces grands élèves. Or des supports à l’iconographie enfantine ne sont vraiment pas pertinents, et ce n’est pas un détail : un élève qui ne sait pas lire suffisamment vite, qui ne comprend pas ce qu’il décode plus ou moins difficilement, est au courant de ce retard de compétence par rapport à sa classe d’âge. L’infantiliser risque de faire perdre en temps, en efficacité et en estime de lui-même ;
- Un minorité d’élèves (minorité qui augmente, cela dit) doit réapprendre à lire, et une petite minorité doit apprendre. Ni les enseignants de lettres ni les autres ne sont formés à cet apprentissage spécifique, non directement transposable de l’école ;
- A priori, aucune heure n’est prévue pour (ré)apprendre à lire. De ce fait, soit on monte des dispositifs hors cours (j’en parlerai), soit on profite de PPRE (programme personnalisé de réussite éducative) ou de devoirs faits.
Pour ma part, j’ai été formée par Valérie Vilmain, professeur des écoles qui a été en charge d’une section SEGPA en collège et a bâti son dispositif pour remédier aux difficultés de certains de ses élèves : l’un d’eux, par exemple, n’était pas en mesure de lire les SMS qu’il recevait, ni, de ce fait, d’y répondre. Elle a ainsi travaillé dans l’objectif d’apporter de l’autonomie dans leur vie à ses élèves. Elle a réussi. Son dispositif est maintenant un classique dans l’académie de Normandie au moins.

Depuis, j’ai installé le dispositif « automatiser le décodage » dans mon ancien établissement, j’y participe dans mon nouvel établissement, et je suis devenue coordo ULIS. J’ai donc aménagé ce que Valérie m’a transmis pour l’adapter à ma situation professionnelle actuelle.
Mais d’autres outils me sont venus à l’esprit devant la question posée. Des articles ultérieurs présenteront des ressources :
- Automatiser le décodage (par Valérie Vilmain, donc) ;
- Apili ;
- Piano+ ;
- Décodi ;
- Syllabozoo ;
- Cléo ;
- Je lis, je fais ;
- Des mots en images, des phrases en images ;
- Coopérer pour comprendre ;
- 120 fiches pour aider l’élève à développer ses compétences langagières ;
- 400 exercices de compréhension ;
- Permis de lire.
Et du point de vue des outils numériques :
- Lalilo ;
- Plume ;
- Tacit ;
- Les clés du code.
Ces outils n’ont pas les mêmes objectifs ni les mêmes modalités. Certains vous parleront, d’autres moins, selon qui vous êtes, vos problématiques, votre contexte d’exercice. Mais j’espère vous être un peu utile en vous les présentant.
À l’école on apprend à lire. Au collège, on lit pour apprendre.
Valérie Vilmain

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