Coeur de cible et adaptations

Le concept de coeur de cible est souvent convoqué en ce moment. Plusieurs collègues m’ont interrogée à son sujet, ainsi que sur ce qu’il peut nous apporter en formation.

Qu’est-ce que le concept du coeur de cible ?

Le coeur de cible a été développé par Hervé Benoit et Sandrine Bortolon, qui sont maîtres de conférences en sciences de l’éducation, rédacteurs en chef de “La nouvelle revue – Éducation et société inclusives”. Leur objectif est de faire le lien avec les pratiques de l’école inclusive, en nous amenant à détecter ce qui peut être le plus profitablement adapté, sans changer le contrat didactique de la tâche.

Source : Cap école inclusive

Au coeur de la cible se trouve l’objectif d’apprentissage de la tâche proposée. C’est bien au singulier : notre tâche doit être associée à un objectif d’apprentissage prioritaire. Cet objectif doit être suffisamment explicite et clair pour que l’enseignant puisse l’annoncer et que les élèves le comprennent.

Le deuxième secteur, en vert sur l’infographie ci-dessus, représente les compétences dites spécifiques, liées directement à la discipline engagée par l’objectif principal, mais également liées à l’objectif d’apprentissage. Ce sont les compétences nécessaires pour être en mesure d’effectuer une telle tâche.

Enfin, la couronne extérieure représente les compétences périphériques, des compétences nécessaires mais pas liées à la tâche.

Un exemple ?

Prenons un exemple court qui peut parler à un grand nombre d’entre nous :

Un cycliste roule à allure régulière.

Il parcourt 2,8 km en 6 minutes.

Combien de kilomètres parcourt-il en 3 minutes ?

Explique ta démarche et rédige ta réponse par une phrase.

La compétence coeur de cible pourrait ici être :

Identifier le modèle de la proportionnalité pour résoudre un problème.

Le mot « régulière » est ici crucial.

Parmi les compétences spécifiques, on pourrait identifier :

  • Chercher
  • Connaître doubles et moitiés
  • Calculer sur des nombres décimaux
  • Identifier des grandeurs
  • Associer des données
  • Calculer à partir de grandeurs
  • Chercher à modéliser une situation mathématiquement
  • etc.

Parmi les compétences périphériques, on pourrait citer :

  • Lire la consigne
  • Comprendre le lexique de la consigne
  • Rédiger une réponse
  • Surmonter des obstacles
  • etc.

Quel lien avec l’adaptation ?

Lorsqu’on évalue (que ce soit formativement ou sommativement), il faut veiller à évaluer correctement la compétence cœur de cible, ce qui implique qu’on va forcément aussi évaluer des compétences spécifiques. Mais l’évaluation ne porte pas sur les compétences périphériques. Ces compétences périphériques sont donc les premières à pouvoir être adaptées, ainsi que des compétences spécifiques qui constituent un obstacle et empêchent d’évaluer ce qu’on veut vraiment évaluer.

Il faut donc avoir les idées bien claires.

Dans l’exercice ci-dessus, on peut adapter les compétences périphériques, par exemple en expliquant les mots de la consigne, ou en reformulant. On peut lire à haute voix ou proposer le texte en audio. On peut insister sur le fait de prendre un brouillon, associer une schématisation, prévoir un modèle de rédaction de solution.

On peut aussi adapter des compétences spécifiques, par exemple en proposant un gabarit pour effectuer des opérations, du matériel de manipulation, en faisant travailler avec des entiers (en changeant l’unité de longueur ou le 2,8). On peut aussi proposer un étayage pour catégoriser et associer les données utiles.

D’autres exemples, à différents niveaux

Voici un exemple en CP du site L’école pour tous :

Un autre exemple, pour le cycle 3, sous forme de poster, par le site Ressources école inclusive :


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