Voici une série de fiches qui cherchent à répondre à la question : “J’ai un élève à tel besoin particulier, que faire ?”
Ces fiches sont appuyées sur les travaux et les outils de la fédération Wallonie-Bruxelles, entre autres, et déclinées pour les enseignants. Elles répondent à un besoin exprimés par mes collègues, au collège.
Vous trouverez donc ici les fiches pour pouvoir réfléchir aux meilleurs comportements pédagogiques avec des élèves :
| qui ont des difficultés d’attention | à troubles du spectre autistique |
| qui bégaient | atteints de daltonisme |
| dyslexiques | dyscalculiques |
| dysphasiques | dyspraxiques et dysgraphiques |
| dysexécutifs | à BEP, en général |
ATTENTION
Le choix fait ici est celui d’entrer par le trouble. Mais les élèves diagnostiqués selon telle ou telle étiquette-trouble ne sont pas empêchés de la même façon, ni dans les mêmes situations. D’autre part, des élèves non diagnostiqués peuvent rencontrer des difficultés similaires à leurs camarades « identifiés » dans une difficulté particlière.
Il faut donc être prudent, garder l’esprit ouvert et préférer une entrée par les besoins. Mais ces fiches le permettent aussi.
J’ai fait d’autres choix :
- Je n’évoque pas spécifiquement les “Asperger” chez les autistes, car on n’utilise plus aujourd’hui le terme « Asperger », et c’est heureux: d’une part, cette catégorisation n’est pas pertinente et véhicule des idées fausses, comme le fait qu’un autiste Asperger serait une espèce de phénomène de foire hyper intelligent. Or ce qu’on appelait “autiste Asperger”, c’est une personne d’intelligence normale, voire élevée, de sorte qu’une scolarité est possible en milieu. ordinaire, avec des adaptations et/ou des aménagements pertinents. Il n’y a pas de raison de créer de catégorie ainsi, de ce fait. D’autre part, Hans Asperger était un psychiatre loyal à l’idéologie nazie et de nombreuses personnes autistes ne veulent pas être étiquetées de son nom, comme ma fille, qui frémit quand elle s’entend qualifiée du nom d’un eugéniste.
- Je ne distingue pas le TDA du TDA/H ou du TDA/I : être TDA peut inclure de l’hyperactivité, de l’impulsivité, mais pas forcément tout le temps, pas forcément dans n’importe quel contexte, et pas forcément du tout. Catgoriser caricature alors, voire enferme.
- Je n’aborde pas les HPI, contrairement à la la fédération Wallonie-Bruxelles, et c’est bien un choix de ma part. Vous comprendrez pourquoi en lisant par exemple cet article de Franck Ramus, qui y écrit en synthèse : “les personnes à haut QI réussissent beaucoup mieux que les autres scolairement, n’ont pas plus de troubles cognitifs et psychologiques, et souvent moins“. Cela n’exclut évidemment pas qu’un enfant à haut potentiel intellectuel ait un ou plusieurs autres troubles.

Dans la fiche “besoins particuliers en général“, j’ai essayé de résumer des concepts qui me semblent très importants pour tout enseignant, comme ce que recouvrent les BEP (besoins éducatifs particuliers), les liens éventuels avec le handicap, l’inclusion (vs. l’intégration, par exemple), mais aussi l’accessibilité (qui va avec les adaptations) et la compensation (qui va avec les aménagements), parce qu’en fait c’est vraiment hyper important : le but pour donner de l’autonomie, c’est de viser l’accessibilité. La compensation c’est quand vraiment on ne peut pas faire autrement.
Ces fiches ont pour objectif de donner des pistes, des moyens, des leviers réalistes et raisonnables aux enseignants pour qu’ils parviennent à s’adapter au mieux aux élèves. Car c’est bien dans ce sens-là que cela se joue. Je sais que c’est un besoin des enseignants, qui veulent réussir à transmettre leurs savoirs et des compétences à tous les enfants. Ce que nous visons ensemble, c’est l’autonomie de la personne en devenir qu’est l’élève. C’est une responsabilité aussi énorme que fondamentale.
Les fiches sont pensées plutôt pour le collège. Elles sont utilisables à l’école, mais pourraient alors être enrichies.
Enfin, elles sont prévues pour être imprimées en recto-verso et pliées.
