La DEPP a publié une note d’information en mai 2026 (ici), appuyée sur une enquête menée en 2023 : 3 900 élèves de seconde générale et technologique avaient répondu à une enquête visant à mesurer leur stéréotypie de genre en matière d’orientation. L’enquête a été réalisée et exploitée par la DEPP et par le Laboratoire de psychologie sociale et cognitive (Lapsco).
Que nous révèle cette étude ? Une fois encore, les élèves interrogés perçoivent majoritairement les garçons comme plus aptes à réussir en sciences et en technologies et les filles comme plus aptes à réussir en arts, en littérature et dans les domaines liés à la santé.
Trois quarts des élèves présentent une stéréotypie de genre significative.


Parmi les élèves qui souhaitent s’orienter vers la voie générale, ceux issus des milieux les plus favorisés présentent légèrement plus souvent une stéréotypie extrême, phénomène légèrement plus marqué chez les filles (65% chez les filles et 62% chez les garçons). Les taux de stéréotypies extrêmes et fortes sont assez renversants.

Parmi les élèves envisageant une voie technologique, ces proportions sont plus faibles (respectivement 53% et 52%). Par ailleurs, toujours dans la voie technologique, les filles estiment avoir moins de chances de réussir en sciences que les garçons.
Les écarts sont variés selon les enseignements de spécialité, en classe de première générale :

Dans les séries technologiques, on retrouve les stéréotypes associés aux champs supposés être plus spécifiquement liés à un genre ou à un autre :

Les constats sont donc généralisés, au travers des différentes études, quels que soient les milieux sociaux, les âges, les genres des personnes interrogées. Cependant, notons que le lycée professionnel ne fait partie de l’étude.
La situation ne s’améliore pas, ce qui était prévisible : le problème est tellement multifactoriel, d’ampleur et lié à des stéréotypes qu’une évolution positive semble impossible dans un temps court, voire moyen.
Mais la première étape est bien celle de la prise de conscience. Ensuite, il faudrait accepter ce constat en assumant nos responsabilités individuelles et collectives, sans culpabilisation, sans qu’un sentiment de faute ne fasse perdre du temps et de l’énergie. Pour, enfin, changer les choses, ensemble. Pas besoin de guerre des genres pour cela. Au contraire.
Laisser un commentaire