C’est ce que m’a dit ce matin une des trois super AESH qui travaille avec moi. Cette phrase m’a fait réfléchir.
L’aménagement d’une salle de classe n’est pas cruciale, de même que ne l’est son équipement. Mais ça aide. J’avais déjà une salle très « marquée » lorsque j’enseignais les maths (en voici des souvenirs, ici et là), et l’aménagement du dispositif ULIS que je coordonne est sans doute encore plus pensé.
Lorsque j’enseignais les maths, je voulais donner aux élèves un sentiment de sécurité, développer leur curiosité en provoquant de l’étonnement, et puis donner à voir la culture mathématique sous toutes ses formes, en lien avec d’autres champs de culture et l’environnement des jeunes. Aujourd’hui que je suis coordinatrice ULIS, j’ai d’autres besoins dans l’ « expression de la classe » :
- Accueillir : les élèves doivent se sentir les bienvenus, avec un sentiment d’appartenance qui permet le vivre ensemble, la confiance, mais ne se substitue pas au sentiment d’appartenance de la classe de référence. Alors la porte est toujours grande ouverte, et un « bonjouuuuur » souriant est toujours le point de départ de la journée. D’ailleurs, j’accueille aussi, de façon ponctuelle, des élèves dit « de l’ordinaire », ce qui favorise la vision accueillante du lieu, par tous et toutes.




- Être confortable : les élèves qui transitent ici, qu’ils soient porteurs d’une notification ULIS ou pas, sont des élèves vulnérables : à besoins éducatifs particuliers, en demande d’un repli par rapport à la foule des élèves ou au bruit de la cour, en difficulté dans un domaine ou un autre, ponctuellement ou de façon pérenne. Ces élèves se fatiguent encore plus que la majorité de leurs camarades. Alors le dispositif leur offre un supplément de confort.





- Respirer : j’avais au départ choisi ce dispositif ULIS parce que les collègues m’avaient paru extra (ce qui s’est confirmé), et que je voulais pouvoir travailler en équipe. Mais un argument secondaire a été que ce dispositif compte deux salles, et donne sur de la forêt. Quand je l’ai visité, lumineux, aéré, avec cette verdure, j’ai eu le coup de coeur.

- Susciter et soutenir l’effort : se sentir bien est un préalable, mais voilà : nous sommes là pour bosser. Alors tout est là, sous la main ou sous les yeux, pour s’y mettre et ne pas lâcher. Les outils d’évaluation sont à disposition pour savoir comment on évolue, les feedbacks sont formalisés sous forme de routines, les affichages et les matériels pédagogiques sont en libre accès.








- Valoriser : les réalisations d’élèves, les progrès, les initiatives et les projets sont mis en lumière.





- Se projeter : il y a un « après le collège », et il arrive plus rapidement que ce que croient les jeunes qui y entrent. Alors la projection dans l’avenir, les projets d’orientation, la visite des anciens élèves pour raconter leur actualité tient un rôle important dans ce qui est donné à voir.

- Poser un cadre : qui dit collégiens dit « tester les limites ». Alors on pose aussi un cadre, de façon explicite.




- Assumer la fantaisie : alors là c’est tout personnel, mais sans fantaisie je me fanerais. Alors il y en a, tout partout. En particulier il y a des traces des gens que j’aime, ce qui est très important pour moi.

Aujourd’hui, nous avons fini de ranger tout tout tout, dans le dispositif. Nous avons encore plus travaillé l’ergonomie, l’accessibilité, le côté pratique et net : rien ne traîne. Nous allons pouvoir, l’année prochaine, repartir en fanfare. Les trieurs et les tiroirs des élèves sont prêts, j’ai prévu mes premières séances… Mais avant cela, nous allons bientôt goûter un repos vraiment bien mérité.
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