Le taux de pauvreté s’ancre au plus haut haut

La pauvreté progresse. Un article du Monde du 10 juillet 2026 évoque les résultats d’une enquête de l’INSEE parue la veille.

Le taux de pauvreté est resté stable, à 15,4 % de la population, de 2023 à 2024 en France métropolitaine. Mais c’est en fait une terrible consolidation de la pauvreté dans notre pays, car cela correspond au plus haut niveau jamais mesuré. En parallèle, les inégalités s’accroissent et atteignent « un niveau historiquement élevé », en raison de la progression des plus hauts revenus. Entre 1975 et 1984, le taux de pauvreté avait fortement diminué. Il était remonté entre 1984 et 1996, redescendu entre 1997 et 2004 et depuis il augmente, battant toujours de nouveaux records.

Ainsi, en 2024, 9,8 millions de personnes se trouvaient en situation de pauvreté monétaire, c’est-à-dire qu’elles disposaient de revenus mensuels inférieurs au seuil de pauvreté, fixé à 60 % du revenu médian, soit 1 337 euros pour une personne seule.

La pauvreté reste à un niveau historique inacceptable et continue de s’enraciner. Une stabilité statistique n’est pas une victoire sociale.

Le collectif Alerte

Les profils les plus touchés par la pauvreté demeurent les chômeurs et les familles monoparentales. Parmi les personnes en emploi, les travailleurs indépendants sont plus vulnérables (18,4 %) que les salariés (6,9 %). L’immigration est aussi un facteur de pauvreté : en 2024, 32,8 % des immigrés étaient pauvres, surtout ceux nés en Afrique. Le taux de pauvreté des retraités a, lui, diminué et est revenu au niveau de celui des actifs.

La privation matérielle et sociale, définie au niveau européen, approche la pauvreté de façon différente de la pauvreté monétaire. L’indicateur de privation matérielle et sociale de l’Union européenne est défini comme la part de personnes vivant en logement ordinaire ne pouvant pas couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante sur treize considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable. Les privations considérées sont les suivantes :

  • Ne pas avoir de voiture personnelle pour des raisons financières ;
  • Ne pas pouvoir maintenir son logement à bonne température pour des raisons financières ;
  • Ne pas pouvoir remplacer des meubles usés ou abimés pour des raisons financières ;
  • Avoir des impayés de mensualités d’emprunts, de loyer ou de factures d’électricité, d’eau ou de gaz ;
  • Ne pas pouvoir dépenser une petite somme d’argent pour soi sans avoir à consulter quiconque ;
  • Ne pas pouvoir faire face à des dépenses inattendues ;
  • Ne pas avoir accès à internet pour des raisons financières ;
  • Ne pas pouvoir retrouver des amis ou de la famille au moins une fois par mois pour boire un verre ou pour un repas pour des raisons financières ;
  • Ne pas avoir une activité de loisirs régulière pour des raisons financières ;
  • Ne pas pouvoir s’offrir une semaine de vacances hors de son domicile pour des raisons financières ;
  • Ne pas avoir deux paires de bonnes chaussures pour des raisons financières ;
  • Ne pas pouvoir avoir un repas contenant des protéines au moins tous les deux jours pour des raisons financières ;
  • Ne pas pouvoir acheter des vêtements neufs

En 2025, 13,5 % de la population métropolitaine vivant dans un logement ordinaire est en situation de privation matérielle et sociale.

N’oublions pas que nos classes accueillent des élèves dont les familles se trouvent dans des situations terribles. Grandir pauvre, être élève pauvre, c’est difficile et en plus souvent vécu comme humiliant ou honteux. La vulnérabilité est aussi (et beaucoup) là.


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