Faiiis dodooo, c’est bon pour l’cerveauu

Dans cet article du Monde repéré par mon mari, il est question de sommeil. Justement, cette année nous avons commencé l’année sur ce thème, avec ma collègue de l’ULIS que je coordonne.

Stéphanie Bioulac, psychiatre et cheffe de service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent au CHU de Grenoble, alerte sur le déficit de repos croissant chez les 15-24 ans en France : à cet âge, l’organisme a besoin de 8 à 10 heures de sommeil par nuit. Or une étude réalisée par l’institut national du sommeil de la vigilance a relevé dans sa dernière étude (qui date de 2018) que les jeunes de ces âges dorment 7h17min en moyenne. Le compte n’y est effectivement pas. Et depuis 2018, les différents indicateurs montrent qu’il y a aggravation.

Pourquoi dormir 8 à 10 heures par nuit ? Parce que sans cela, les capacités cognitives dysfonctionnent. En déficit de sommeil, on n’apprend pas bien, on ne se concentre pas bien, on ne mémorise pas bien. Déficit de sommeil et moins bons résultats scolaires sont liés. D’autre part, l’automatisation, les réflexes et la capacité d’inhibition se dégradent lorsqu’on n’a pas assez dormi. L’impulsivité augmente, et avec elle les risques de mises en danger.

C’est lors de la phase de sommeil profond et lent que se réalise une très majeure partie de l’encodage des informations et de la consolidation des apprentissages. Cette phase est perturbée et diminuée par le mauvais rythme nocturne.

L’article du Monde

Or face au sommeil, nous ne sommes pas tous égaux : tous les jeunes ne bénéficient pas d’une chambre tranquille, sombre, ainsi que d’une alimentation suffisante et équilibrée et d’un accès à une activité sportive suffisante.

Source : institut national du sommeil et de la vigilance

La question des horaires se posent aussi : pour les adolescents, l’heure d’endormissement est biologiquement retardée. Or l’heure de début des cours est socialement immuable.

Aux Etats-Unis, des chercheurs ont fait une expérimentation où le début des cours a été décalé pour une cohorte de lycéens. Rien que le fait de repousser leur réveil le matin d’une demi-heure à trois quarts d’heure a permis une amélioration des performances.

L’article du Monde

S’il s’agit dans cet article des jeunes, la question du sommeil demeure centrale pour nous toutes et tous. On me demande souvent comment je fais « pour faire tout ça ». Hé bien je veille avec une grande rigueur à mon sommeil, à mon alimentation, à mon activité physique, et à nourrir mes relations sociales. Mais le sommeil, c’est vraiment le prérequis pour moi. Cela dit, j’ai la chance de bénéficier de conditions favorables pour pouvoir faire de façon régulière de bons gros dodos.

Se coucher tard est compensé par une « bonne grasse matinée » : FAUX
On pense souvent que le fait de coucher tard un enfant est compensé par le fait de lui laisser faire une bonne grasse matinée le lendemain.
Or le sommeil du matin n’a absolument pas le même pouvoir de récupération qu’un sommeil bien calé sur la nuit. En effet, si un coucher tardif ne diminue pas sensiblement le sommeil lent profond, en revanche, les phases de sommeil paradoxal risquent de survenir après le lever du jour, c’est-à-dire à un moment ou l’ambiance générale n’est plus propice au sommeil : la température et le bruit ainsi que la température corporelle, sont plus élevés le matin et constituent des facteurs de perturbation du sommeil. Coucher tard un enfant revient à le priver d’une qualité de sommeil rarement rattrapée. En effet, le sommeil du matin a perdu son pouvoir de récupération notamment sur le plan mental ce qui risque donc de perturber sérieusement les apprentissages car il est plus léger et fractionné. Cependant, il est toujours
mieux de récupérer une dette de sommeil que de se priver de sommeil mais, si possible, sans trop se décaler.

Source, institut national du sommeil et de la vigilance


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