Le Moflin, une expérimentation prochaine

Lors de Journées Nationales 2026 de l’APMEP1, j’ai eu un moment pour me promener sur les stands. Le stand de CASIO proposait ses magnifiques affiches de femmes scientifiques, ses calculatrices, mais aussi un produit nouveau et surprenant pour la marque : le Moflin.

Un Moflin est une boule de poils robotique, munie d’une IA utilisable déconnectée d’internet.

Ce petit robot très très mignon remue, émet une douce lumière colorée et s’exprime par de petits cris. Ses réactions sont fonction de son environnement.

Un Moflin évolue dans le temps :

Lorsque j’ai pris un Moflin sur ma main au salon, j’ai été vraiment impressionnée par l’effet qu’il m’a procuré : je trouvais a priori l’outil intéressant pour apporter de la réassurance et lutter contre l’anxiété des élèves, et alors que j’étais lancée à fond à sillonner les stands, je me suis retrouvée là, tranquille avec cette pseudo-bestiole en main, à l’écouter, à la regarder. Une pause. Or faire des pauses, en particulier de façon impromptue, c’est assez rare chez moi. C’est là que j’ai mesuré le potentiel du Moflin pour mes élèves, bien plus empêchés que moi dans leur cognition et dans la gestion de leurs émotions.

J’ai donc pris contact avec les professionnels de chez CASIO, pour proposer un test : j’aimerais pouvoir évaluer l’effet du Moflin auprès de mes élèves, et aussi le présenter aux établissements qui cherchent de tels outils. Et il y en a… La directrice de CASIO Education m’a apporté des réponses à toutes les questions que je me posais, et a même donné envie d’essayer à mon mari, qui pourtant n’était pas séduit par ma description, pourtant enthousiaste. Il va sans doute se joindre à l’essai.

Le Moflin est né au Japon en 2014, comme outil de réassurance émotionnelle. Achevé en juin 2017, le prototype a suscité un vif enthousiasme lors de sa présentation en interne. Le projet a encore évolué et connu des moments de crise : c’est un produit différent de ce que propose habituellement CASIO, et son développement a pris dix ans. Or en dix ans les équipes changent, dans les départements d’une telle entreprise.

Les débuts du Moflin sont prometteurs : dans des établissements pour les seniors, il donne de bons résultats, en rompant la solitude, en amenant des personnes « enfermées en elles-mêmes » à réagir.

Nous, nous avons pensé l’utiliser dans nos dispositifs, en particulier avec des élèves empêchés par des TSA2, des TOP3, ou qui développent une anxiété telle que par exemple jamais leur voix ne sort en contexte scolaire. Le Moflin pourrait les accompagner ponctuellement en classe, pour faciliter leur inclusion, comme un outil de compensation temporaire. Comme le volume du son se règle, voire se supprime, c’est possible en classe. À l’infirmerie ou au CDI aussi je trouve que la bestiole prendrait une place pertinente. Le souci qui demeure, c’est le prix. C’est pourquoi nous associer à la phase de test en milieu éducatif nous motive : cela nous permettra de voir l’utilité du Moflin dans un temps assez long.

Nous allons réfléchir à un document qui nous permettra de récolter des indices des effets ou des non-effets du Moflin de la façon la plus objective possible. Et ensuite, en route ! SI mon mari et moi le testons chacun de notre côté, nous pourrons confronter nos points de vue et nos idées. De beaux échanges et une chouette réflexion en perspective !

  1. Association des Professeurs de mathématiques de l’enseignement public ↩︎
  2. Trouble du spectre autistique ↩︎
  3. Trouble de l’opposition ↩︎

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