Le sujet de DNB 2026 en mathématiques était attendu : pour la première fois, le sujet contient une première partie d’automatismes. Notée sur 6 points sur 20, d’une durée de 20 minutes, elle vise à évaluer la maîtrise des automatismes au cycle 4 et se fait, c’est logique, sans usage de la calculatrice. Une liste indicative d’automatismes[1] avait été publiée en octobre, qui guidait les entraînements dans nos classes.
Les candidats ont donc travaillé sur 9 questions mobilisant une assez grande variété de domaines et de connaissances. La version DNB général correspond aux attendus des collègues, et la version DNB professionnel était de surcroît adaptée, plus accessible visuellement et dans la nature des questions posées, avec pour finir une question de programmation. Pas de surprise donc, dans cette nouvelle épreuve, ce qui est de bon aloi pour une première.
Sur Eduscol[2], on lit que « Un processus automatique n’interfère pas avec une autre activité mentale en cours. Autrement dit, il se déroule parallèlement à une autre activité. (…) Ces automatismes sont fondamentaux, car ils vont faciliter la résolution de tâches mathématiques plus complexes en libérant la mémoire de travail, et ainsi permettre de se concentrer sur des aspects plus conceptuels. » Les questions de la première partie des sujets de DNB relèvent-elles toutes de l’automatisme, pas si sûr : certaines demandaient de la concentration, d’écrire au brouillon. Mais est-ce vraiment important ? De même, certains collègues déplorent des questions comme la première du DNB général :

Pourtant, de nombreux élèves ont réfléchi pour répondre, beaucoup se sont trompés. Et puis le DNB est un examen de fin de collège, et donner la possibilité de vraiment placer un curseur sur les acquis antérieurs est plutôt intéressant, d’autant que des questions de la première partie étaient de niveau fin de cycle 4.
Et la partie 2 ? Elle correspond à la partie « Raisonnement et résolution de problèmes ». Sur 14 points (dont 2 pour la qualité de la rédaction des développements), d’une durée d’ 1h40, elle se présentait comme incluant « des situations issues de la vie courante ou d’autres disciplines.»[3] Des situations de la vie courante, on en trouve, certes, avec des contextualisations : les jeux paralympiques ou une situation d’impression 3D côté DNB général, et des exercices autour d’un parc zoologique dans le DNB professionnel. Le travail sur les unités, comme en lien avec la masse volumique ou un débit, donne une coloration interdisciplinaire avec les sciences physiques. En revanche, on a peu de questions de raisonnement, et encore moins de résolution de problèmes : les questions sont indépendantes (ce qui est très bien pour rendre accessible la suite), mais n’ont rien d’ouvert ni de complexe (au sens de tâche complexe et non de compliqué). L’impression donnée est celle d’une succession de questions attendues ou de connaissances, sans forcément d’articulation réelle. Seulement une question d’angles pouvait être résolue de diverses manières dans le DNB général. On peut regretter l’absence d’un exercice qui permette de chercher vraiment, de tâtonner éventuellement, d’évaluer le rapport à l’erreur et la flexibilité des candidats : nous enseignons à nos élèves des capacités de raisonnement et de résistance.

Les grands gagnants de cette édition semblent être la proportionnalité (avec une focale sur les pourcentages) et les grandeurs et mesures, dans les deux sujets. En revanche, dans le sujet général, la quasi absence des probabilités, du calcul littéral (pourtant très gros morceau de l’enseignement de cycle 4), la légèreté de la partie fonctions et l’absence totale de question sur l’algorithmique et la programmation sont surprenantes. Le sujet de DNB professionnel a, de ces points de vue, semblé un peu plus équilibré. Mais ce sujet a été toutefois plutôt bien accueilli : par les élèves d’abord, contents et conscients d’avoir leurs chances, d’avoir été mis en réussite, d’avoir valorisé leurs acquis, et ensuite, comme une conséquence logique, par leurs enseignants : le DNB porte une valeur symbolique. C’est davantage son échec qui est parlant, plutôt que sa réussite. Or, vu les nouvelles règles du jeu dans le ratio « contrôle continu : épreuves finales », le taux de réussite risque de chuter, et les enseignants craignent qu’il diminue de façon très importante, décourageant et déstabilisant les élèves à l’entrée en lycées. Avec des sujets de mathématiques comme ceux-ci, on peut penser que les résultats seront à la hausse, et le choc un peu plus relatif au final. Une enseignante de mathématiques disait ce matin : « Nous, on sait qu’on a bien travaillé toutes ces années. Si avec un sujet comme celui-là les élèves ne sont pas dégoûtés, qu’ils voient moins les maths comme une galère, c’est bien ».
[1] https://www.education.gouv.fr/sites/default/files/2025-10/dnb-2026-liste-indicative-d-automatismes-susceptibles-d-tre-mobilis-s-lors-de-l-preuve-crite-de-math-matiques-s-ries-g-n-rale-et-professionnelle–442401.pdf
[2] https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/automatismes-mathematiquespdf-91875.pdf
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